Etudier l'ésotérisme à l'Université
Publication le 23.03.2025

Introduction
Étudier l’ésotérisme à l’Université ? C’est possible ! Les instituts sont rares, mais il y en a. L'Histoire, l'Anthropologie, les Sciences des Religions et la Sociologie sont les disciplines principales.
En voici la liste, par pays, dans l’ordre alphabétique :
Allemagne
Fondé par la German Research Foundation (DFG) en avril 2022 et relié à la Faculty of Humanities, Social Sciences, and Theology de la Friedrich Alexander Universität Erlangen Nürnberg. Actuellement dirigé par le Prof. Michael Lackner. Le centre a pour but de comprendre pourquoi des pratiques visant à prédire, contrôler, gérer et manipuler les événements persistent, malgré un discours scientifique et technique de plus en plus dominant les rendant illégitimes. Le réseau propose sur son site internet des articles thématiques et organise des séminaires et des workshops sur l’étude des rationalités alternatives et des pratiques ésotériques dans une perspective interdisciplinaire.
Etats-Unis
Department of History, University of South Carolina
Le département d’histoire de l’université de Caroline du Sud propose une série d’enseignement portés par le Prof. Matthew Melvin-Koushki, spécialisé dans l’étude de l’occulte et le mysticisme en Islam, la kabbale et les liens entre science, magie et religion dans le monde moderne. Les cours abordent notamment les mystiques et rebelles dans le monde islamique, la sorcellerie et la société, la magie et la modernité. Matthew Melvin-Koushki est également co-fondateur d’un groupe de travail sur l’occulte en Islam (Islamic Occult Studies on the Rise (IOSOTR).
France
Il s’agit d’un cours donné au sein de l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), seul endroit à ma connaissance où un cours donnant droit à 6 crédits ECTS est disponible en français. L’EPHE a d’abord vu naître la première chaire en Europe d' Histoire de l’ésotérisme chrétien en 1964, occupée par François Secret. 1979 voit l’arrivée d’Antoine Faivre, LA référence francophone en matière d’analyse des courants ésotériques et la chaire devient Histoire des courants ésotériques et mystiques dans l’Europe moderne et contemporaine avant de prendre son nom définitif en 2002 avec l’arrivée de Jean-Pierre Brach.
Pays-Bas
Il s’agit d’un département rattaché à la Faculté d’Histoire et de Sciences des Religions de l’Université d’Amsterdam. L’initiative provient de la Dre Rosalie Basten qui lors de ses études, constate l’absence d’institut de recherches sur les courants ésotériques alors que Amsterdam possède la bibliothèque réunissant la plus grande collection d’ouvrages ésotériques occidentaux au monde : la Bibliotheca Philosophica Hermetica. La première chaire est créée le 1er septembre 1999, depuis lors occupée par Wouter Hanegraaff.
Royaume-Uni
Centre interdisciplinaire porté par la Prof. Emily Selove. ou s’étudient l’histoire de la magie, la sorcellerie, l’occultisme, la littérature ésotérique du christianisme, de l’islam et du judaïsme et l’usage des psychédéliques. Le but est de mieux comprendre les interactions entre religion, science, magie et guérison en fonction des époques et des cultures. Le centre fournit des ressources documentaires, organise des séminaires, tables-rondes et des conférences tant pour les professionnels que le grand public intéressés à approfondir ces sujets.
Exeter Centre for the Study of Esotericism (EXESESO) - Fin en 2022
En 2006, est créée à l’Université d’Exeter, en Angleterre, une chaire intitulée “Western Esotericism”. Occupée par Nicholas Goodrick-Clarke, la chaire fut toutefois supprimée après son décès en 2012
Suisse
A Lausanne était donné le cours Traditions religieuses transversales et marginalisées par la Prof. Silvia Mancini où était présenté l’ésotérisme occidental (hermétisme) au regard des pratiques extra-européennes.
Conclusion
Comme indiqué en introduction, ce sont principalement l'Histoire, l'Anthropologie, les Sciences des Religions et la Sociologie qui se sont intéressées aux pratiques ésotériques. En revanche, les professions de santé telles que la médecine ou la psychologie sont peu représentées alors que l'étude de ces pratiques permet de mieux comprendre le phénomène des thérapies complémentaires et ses liens avec les professions de santé classiques.